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![]() Bataille d'Orthez - Tableau de William Heath "The martial Achievements of Great Britain and her Allies; from 1799 to 1815" James Jenkins (1814-1815) Source : Collection de l'auteur
Le 21 juin 1813 sonne la fin des prétentions napoléoniennes en Espagne. La défaite de Vitoria (Alava), contre l'armée alliée (Anglais-Portugais-Espagnols) commandée par le Marquis de Wellington, repousse les troupes françaises vers leur frontière, les Pyrénées. Le sursaut français Afin de relever une situation bien compromise, le 1er juillet 1813, Napoléon, alors à Dresde, nomme le Maréchal Jean de Dieu Soult, Lieutenant-Général en Espagne,à la place de son frère Joseph. L'objectif français est clair. Le Duc de Dalmatie doit éloigner l'ennemi de la frontrière et lui faire repasser le cours de l'Ebre. Dès sa prise de fonction Soult réorganise les quatre armées d'Espagne(1) sous l'appellation d'Armée des Pyrénées (ou d'Espagne). Cette nouvelle organisation regroupe ainsi les troupes de l'Armée du Midi (du général Gazan), celles de l'Armée du Centre (du général Drouet d'Erlon), celles de l'Armée du Portugal (du général Reille) et enfin celle de l'Armée du Nord (du général Clauzel), soit au total 10 divisions dont une de réserve (Général Villatte) donnant environ 70 000 baïonnettes. La cavalerie assez réduite est commandée par le frère du Maréchal, le général Pierre Soult.
Au début de l'été 1813, il ne
reste plus aux mains
des français que deux
places fortes en Espagne occidentale
: Saint-Sébastien
sous le commandement du général
Rey (frère du général participant
à la
bataille d'Orthez) et Pampelune sous le commandement du
général Cassan. Après deux contre-attaques françaises infructueuses pour secourir la garnison de Pampelune (bataille de Sorauren le 28 juillet 1813) puis de Saint-Sébastien (bataille de San-Marcial et de Vera le 31 août), qui ont causé d'énormes pertes à l'armée du Maréchal Soult (les généraux de division La Martinière et Van der Maësen faisant partie des officiers tombés au combat), l'action s'est reporté directement sur la frontière française. L'offensive
alliée Le 9 septembre 1813, la garnison de Saint-Sébastien capitule libérant ainsi de nouvelles troupes alliées pour les opérations futures. Mais ayant toujours derrière lui, la garnison de Pampelune, Wellington ne se lance pas tout de suite dans des opérations de grande envergure sur le sol français. Néanmoins, ayant eu connaissance de la reprise des hostilités dans le nord-est de l'Europe, l'armée alliée met un pied sur le territoire français en remportant la "bataille de la Bidassoa" durant la journée du 7 octobre 1813.
Néanmoins, Wellington doit faire face à
des problèmes d'ordre diplomatique et financier qui retarde
sa marche en avant. En effet, la junte espagnole est toujours plus ou
moins réticente à accepter la
légitimité du Maréchal anglais comme
commandant suprême des forces alliées. De
même, Wellington est dans l'attente de fonds en provenance
d'Angleterre pour alimenter sa campagne.
Après quatre mois de siège, c'est au
tour de la garnison de
Pampelune de
capituler le 31 octobre 1813. Wellington, dont les
problèmes précédemment
décrits se sont apaisés, décide
alors de passer à l'action. Les 10 et 11 novembre,
il livre une bataille qui
repousse efficacement les défenses françaises
positionnées le long de la Nivelle ("bataille de la Nivelle"). Le
dispositif de l'Armée des Pyrénées ne
permettant pas de
défendre une si grande étendue, le
Maréchal Soult
préfère reculer afin
de préserver ses troupes et de présenter une
menace toujours conséquente à son ennemi. Le général en chef des coalisés, décidant de s'emparer de la rive droite de la Nive et d'éloigner Soult de la ville de Bayonne, attaque les français le 9 décembre ("bataille de la Nive"). Les contre-attaques de Soult, le 10 et le 13 décembre ("bataille de Bayonne" et "bataille de Saint-Pierre d'Irube"), se soldent par des échecs. Wellington, fin décembre, a réussi à toutes ses opérations et s'est implanté de manière durable en France. Le
démembrement de l'Armée des
Pyrénées
Les espoirs déçus du Traité de Valençay En effet, cette période est marquée par un important jeu diplomatique autour du "Traité de Valençay", daté du 11 décembre 1813, entre les Espagnols et les Français. Ce traité prévoie, entre autres, d'établir une paix durable entre les deux pays (art. 1), de reconnaître Ferdinand VII comme Roi d'Espagne (art. 3), d'échanger les prisonniers de guerre (art. 11 et 12), mais surtout ce traité a également pour but principal de faire évacuer les troupes anglaises du territoire espagnol (art. 6). Mais les tergiversations de Napoléon, qui souhaite que ce traité soit ratifié par les Cortes en Espagne, entraînent sa mise en application bien trop tardivement pour le salut des armées françaises. Ce traité restera caduc par ailleurs, car il ne sera jamais reconnu par le gouvernement insurrectionnel espagnol et ne le sera pas plus par Ferdinand VII lors de son retour dans la Péninsule. La dure réalité du terrain
Ainsi, voyant les Espagnols toujours fidèles aux Anglais en
ce
début du mois de février 1814, Soult demande
alors le
retour de ses renforts pour faire face aux forces alliées
(lettre du 2
février à Clarke). Cependant afin de
suppléer au départ de troupes de
l'Armée des Pyrénées,
Napoléon
avait ordonné à la division
de Toulouse de faire partir 12 000 conscrits vers
cette armée. Dans sa lettre du 2 février
à Clarke, Soult
attendait de la levée de 1813, 17 800 conscrits, mais dont
l'intégration dans les unités combattantes ne
serait effective
que deux ou
trois mois plus tard... bien trop tard !!! A partir de ce moment précis, le Duc de Dalmatie sait ou se persuade qu'il n'est plus de taille à se mesurer aux troupes coalisés dans une affaire générale tant la disproportion des forces est, pour lui, trop évidente. De plus, les troupes françaises doivent faire face à un autre problème non prévu, mais néanmoins trop prévisible à la vue des méthodes de ravitaillement utilisées par ces hommes et à leur manière de vivre en territoire conquis. Ainsi les dispositions des habitants des régions traversées sont très hostiles aux soldats de l'Armée des Pyrénées. Les régions du Sud-Ouest subissaient de plein fouet les réquisitions des troupes françaises et il est également impossible d'effectuer des recrutements locaux de valeur et dignes de confiance. Dans un autre temps, les troupes de Maréchal Wellington sont, quant à elles, accueillies à bras ouverts car ces dernières respectent les hommes et les propriétés (du moins pour la plupart des troupes anglaises et portugaises) et paient comptant tous leurs achats. Wellington, en personne, veille à ce respect des habitants, ce qui lui garantit en échange la docilité des hommes et évite des soulèvements populaires. Reprise des opérations alliées Début
février 1814, où les conditions climatiques
se sont nettement améliorées et où la
fidélité des troupes espagnoles
est confirmée, Wellington
lance son plan d'attaque. Ce plan prévoit de couper
définitivement les troupes du Maréchal Soult de
Bayonne en les attaquant
le plus à
l'Est possible,
afin de pouvoir assiéger librement cette place et passer
le fleuve de l'Adour. Bayonne, ville stratégique,
permettra de ravitailler,
par la suite, l'armée alliées par des transports
fluviaux
à
travers l'Adour dès qu'elle
s'éloignera
de la
mer. L'attaque de l'armée française
vers l'Est
peut avoir également pour résultat un contournement de la
gauche
des troupes de Soult, ce qui isolera l'ensemble
des unités
françaises dans
un
espace fort réduit ayant comme seule issue le Nord et les
Landes, direction
critique pour la poursuite des opérations et la survie des
hommes. Dès lors, plusieurs accrochages sérieux entre les troupes alliées et françaises ont lieu à partir du 14 février 1814 (combat de Hélette) à travers les différents passages des rivières (Joyeuse, Bidouze) et des gaves du pays (Saison, Oloron, Pau). Les préparatifs plus laborieux que prévus et le mauvais état de la mer à l'embouchure de l'Adour à Bayonne occasionnent le report du passage du fleuve. Wellington reporte alors toute son attention vers les opérations initiées à l'Est du front où ses troupes avancent de manière significative. Cette situation amène ainsi le champ des opérations à proximité de la ville d'Orthez à la fin de ce mois de février 1814.
1 - Exceptée celle sous le commandement du Maréchal Suchet opérant en Catalogne. |