| |
|
|
|
L'Armée d'Espagne et la Conscription Le 28 août 1813, Napoléon ordonne une levée de 30.000 hommes dans les 24 départements du Midi afin de renforcer l'Armée d'Espagne du Maréchal Soult à hauteur de 23.000 hommes et l'Armée de Catalogne du Maréchal Suchet à hauteur de 7.000 hommes. Les troupes affectées à l'Armée d'Espagne auraient pour objectif de former une division à Bayonne. Mais cette conscription ne donne pas les résultats escomptés d'autant que l'élan pratriotique des départements du Midi est essoufflé. Le nombre de réfractaires et de déserteurs est nombreux. Cependant, les dépôts envoient vers l'armée les hommes qu'ils recoivent souvent mal habillés et mal armés. Les résultats de cette conscription étant resté obscur, même en haut lieu, Napoléon propose, le 6 novembre 1813, d'augmenter l'armée d'Espagne de 100.000 hommes mobilisables en février 1814. Il prend en compte les 30.000 hommes préalablement lévés, auxquels il ajoute 30.000 à 40.000 hommes de la classe 1815 et 20.000 réfractaires. Entre temps, le 9 octobre 1813, Napoléon, par sénatus-consulte ordonne cette fois-ci une levée de 300.000 des classes 1815 et antérieures (en réalité 280.000 hommes dont 160.000 pour la classe 1815). Les classes 1814 et antérieures des départements du Midi sont, dans un premier temps, dispensées (du fait de leur lévée précédente de 30.000 hommes), mais Napoléon revient bien vite sur cette décision et demande un effort supplémentaire de 60.000 hommes pour ces classes (comptant aussi sur le produit de la chasse aux réfractaires). La classe 1815 doit être considérée comme une réserve ne servant seulement si le compte n'y est pas avec les classes précédentes. Comme la levée précédente, cette levée de 300.000 hommes n'obtient pas les résultats escomptés d'autant plus que les hommes de vingt à vingt cing ans encore disponibles sont enrolés dans les bataillons/cohortes d'Elites de la Garde Nationale. Le sénatus-consulte du 15 novembre 1813 se propose de lever ce frein et ordonne tout simplement le passage de ces bataillons dans la ligne. Le seul département du Midi ayant pu satisfaire cette nouvelle saignée est les Hautes-Pyrénées qui conserve en même temps sa Légion de 1.200 Gardes Nationaux. A l'opposé le département des Basses-Pyrénées propose 100 appelés dont seulement 7 à 8 sont aptes au service. Le Gers fournit 400 hommes sur les 1.400 demandés (le reste étant des Gardes Nationaux). Les Pyrénées-Orientales fournirent, elles, 60 hommes sur les 550 demandés pour les mêmes raisons que précédemnent. Pour organiser cette fabuleuse levée dans les départements du Midi assignés aux armées d'Espagne et de Catalogne, le 16 novembre 1813, Napoléon lance un projet d'organisation d'une armée de réserve. Ce projet ordonne à 20 régiments de chaque armée doit fournir le cadre d'un bataillon pour former vingt 6ème bataillon acceuillant les nouvelles recrues (1.500 conscrits par bataillon). Ainsi, 16 000 conscrits (8.000 dans chaque armée) doivent être envoyés aux armées d'Espagne et 4 divisions de 11 000 hommes doivent rester en réserve sous le commandant du Maréchal Moncey, à Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Nîmes. Mais ce projet n'aboutit pas faute de ressource et du fait de l'invasion du territoire national. Napoléon met alors en route les bataillons de conscrits des divisions de Bordeaux et de Nimes vers Paris et Lyon, en ne laissant au Maréchal Soult que la division de Toulouse et au Maréchal Suchet la Division de Montpellier. A la fin du mois de Janvier 1814, la division de réserve de Toulouse comptait 169 officiers et 4680 hommes. Soult demande alors pour son armée, 5 puis 2 (ou 3) bataillons (Le général Gazan au général Travot le 12 février). Mais le général Travot éprouve de grandes difficultés pour faire partir ces troupes faute d'habillement. Le 5 mars 1814, le général Buquet, commandant la Gendarmerie et Grand Prévôt, écrit au Maréchal Soult pour lui signaler entre autres qu'il ne voit pas 600 hommes dans les 5 bataillons arrivée une semaine auparavant. La désertion fait des ravages... Le 2 mars 1814, Napoléon finit par appeler à lui tous les bataillons des divisions de Toulouse et de Montpellier. Devant le nouvel échec de la levée de 300.000, le pouvoir n'abdique pas. Le 22 janvier 1814, Napoléon décrète une levée de 27.800 homme de la classe 1815 dans les départements du Midi dont 17.800 était destiné à l'armée des Pyrénées de Soult (répartis à Blaye, La Réole, Marmande, Agen et Montauban) et 10.000 pour l'armée du Marécha Suchet (répartis à Tarbes, Toulouse, Perpignan). Extrait des mémoires du
capitaine
Desboeufs du 81ème
de Ligne (p209) : Néanmoins le 2 février 1814, le Maréchal Soult signale au Ministre de la Guerre qu'il ne pourra employer les 17.800 conscrits qu'il lui sont affecté pas avant 2 ou 3 mois. Cependant, ce même Maréchal Soult profite de la relative proximité de certains dépôts de l'armée de Catalogne (Tarbes et Toulouse) pour en prélever les conscrits. De sorte que l'armée de Catalogne n'a pu recevoir que 1.650 conscrits mal armés et mal habillés (Chabot à Clarke le 15 février 1814). Les conscrits à la bataille d'Orthez:
Source principale : "L'évacuation de l'Espagne et l'Invasion dans le Midi - Juin 1813 - Avril 1814" - Capitaine Vidal de la Blache - 1914
|