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Mémoires du Lieutenant-Général Thomas Picton par H.B Robinson « A la bataille d'Orthez,
Picton commandait le centre des Alliés formé de sa
division, de la division Clinton et de la brigade de cavalerie
Somerset. L'aide gauche, aux ordres de Beresford, commença
l'attaque sur la droite de l'ennemi, au village de Saint-Boès,
où la lutte fut longue et sans succès pour les
Alliés. Le village enlevé, Beresford s'avança pour
chasser l'ennemi des deux hauteurs dominantes en arrière; mais
il faillait suivre une étroite langue de terre, bordée de
chaque côté par un profond ravin et garnie d'artillerie.
On conçoit la difficulté. Cole le tenta avec un courage
digne du succès; mais le feu de l'ennemi se croisait en avant,
et causa des pertes terribles… Le terrain jonché de morts
présentait l'affreux spectacle d'une attaque sans espoir. Une
brigade portugaise, après être restée quelques
temps exposée à ce feu destructeur, recula et battit en
retraite en désordre. Les Français la poursuivirent, et
rien, si ce n'est le soutien opportun de quelques troupes fraiches de
la division Alten, n'aurait pu empêcher sa confusion de
s'étendre à cette aile de l'armée. La bataille
prit alors un aspect menaçant : les Français redoublaient
leur feu contre les Portugais rompus, tandis que la division Cole
paralysée et vacillante, se courbait sous l'orage.
« Il était réservé à Picton de changer l'issue de la journée. A ce moment, il reçut de Wellington l'ordre de marcher contre la partie de la ligne ennemie à la droite de son centre… Les troupes anglaises emportèrent tous les points de l'ennemi chercha à défendre, avec une audacieuse intrépidité qui fut irrésistible « Les onze régiments de Picton.s'engagèrent désespérément et chassèrent l'ennemi de chaque hauteur où il se hasarda à s'arrêter. Ce mouvement inattendu changea le front de la bataille: les colonnes françaises qui s'opposaient à la marche du corps de Beresford, alarmées pour leur flanc et leurs derrières, reculèrent à leur tour, tandis que leur artillerie se retirait partiellement. Alors la division Cole se précipita sur le terrain où tant d'hommes étaient tombés, se déploya; chargea les hauteurs et poussa l'ennemi devant elle avec une perte immense. L'artillerie anglaise s'établit sur une hauteur à la droite de la division Picton, d'où elle ouvrit un feu destructeur sur la ligne entière du centre de l'ennemi. On peut dire que ce fut la conclusion de la bataille; car Soult, voyant son centre totalement déconfit et sur le point de battre en retraite, appréhenda pour ses ailes, et, par suite, abandonna le champ de bataille. « Hill, étant parvenu à forcer le passage de la rivière au-dessus d'Orthez, marchait rapidement derrière sa gauche, menaçant de couper sa communication avec Sault de Navailles, qui à l'exception de celle de Dax, était la seule route adaptée pour le passage de l'artillerie.»
Sources : "Memoirs of Lieutenant-General Sir Thomas Picton" Vol II. |